Archive for the ‘Thème et motifs’ Category

Docteur

Monday, November 24th, 2008

Motif du Docteur : Il s’agit d’un véritable thème et non d’un motif au sens wagnérien du thème. Il est concu dans un tempo stable et dans une organisation mélodique qui ne varie que très peu. Si, dans la Fugue il subit quelques transformations, il n’est pas concu comme un motif perméable à différentes situations mais garde son caractère la plupart du temps. Il est introduit par un petit groupe de 3 notes, et consiste en une formule de 4 notes (avec de grandes enjambées d’intervalles) qui se répète deux fois plus vite avant de terminer sur un saut de neuvième mineure montante.

Il fait sa première apparition lors de la 13ème variation de la Passacaille (Acte 1, mes 362) :

Il devient l’un des 3 sujets de la fugue du second acte, et c’est dans ce contexte qu’il sera le plus souvent entendu :

© With kind permission by UNIVERSAL EDITION A.G., Wien

Ce thème est, enfin, cité dans le grand interlude qui précède la dernière scène, enmême temps que le thème du Capitaine. On entend d’abord une stagnation sur sa figure d’entrée puis il est exposé à la trompette et repris par les flûtes et clarinettes :

Éros

Sunday, November 23rd, 2008

Le motif de l’Éros : Très présent, sous diverses formes dans l’opéra. Il symbolise la liaison entre Marie et le Tambour-Major et intervient dans de nombreux contextes, lorsque cette liaison est suggérée ou même simplement sous-entendue. Sa spécificité est de ne pas être constitué par une courbe mélodique particulière mais uniquement par une articulation. Sa structure première consiste en une liaison de notes par groupe de deux, provoquant un sentiment de balancement. Le voici sous une de ses très nombreuses formes :

On le trouve d’abord à la au cours de la Martche militaire lorsque Marie regarde les soldats (et surtout le tambour-Major) défiler sous sa fenêtre. Il est esquissé peu à peu par les cors et les bassons :

Mais il sera pleinement utilisé au cours de l’Andante affettuoso qui précède la dernière scène du premier acte :

Au cours de cette scène, lorsqu’il décrira l’assaut du Tambour-Major sur Marie, il sera joué d’abord par les trombones puis parodié sous une forme vulgaire et bestiale par tous les instruments graves de l’orchestre. On reconnait les répétitions des notes, deux à deux, mais son caractère est tout autre :

On le retrouvera également lors de la troisième scène du second acte, lorsque Marie feindra de nier les accusations de Wozzeck à son égard :

Il sera entendu une dernière fois dans l’interlude précédant la dernière scène, au cours de duquel il retrouve la forme qu’il avait dans l’Andante affettuoso précédemment cité :

© With kind permission by UNIVERSAL EDITION A.G., Wien

Marie

Sunday, November 23rd, 2008

Le motif de Marie : Il s’agit d’un des motifs les plus importants de l’ouvrage. Du fait même de sa simplicité et de sa concision, il se fond dans un très grand nombre de situations musicales. Il est uniquement composé de 3 sons descendants, par tierce mineure et demi-ton.

Donner la liste de ses apparitions serait fastidieux tellement ce motif irrigue tout l’opéra. Il sert souvent de matrices à d’autres thèmes, comme ceux qui courrent pendant de la sonate.

Il apparaît pour la première fois au cours de la scène où Marie, après une altercation avec sa voisine, ferme la fenêtre par laquelle elle regardait le défilé militaire :

Lorsque, dans le premier acte, Marie est éffarrée de voir Wozzeck en proie à une agitation troublante, elle reprend les propres mots qu’il chantait dans son Aria au début de l’opéra : “Wie arme leut !” (“Pauvres de nous !“), comme si c’était une lamentation qu’ils se récitaient l’un à l’autre, elle le fait non pas sur les notes de ce motif mais en utilisant les notes qui constituent son propre thème : la bémol, fa et mi :

Lors de la Passacaille, Wozzeck évoque brièvement Marie en chantant son motif :

Enfin, lors de la scène du Meurtre, ce thème se fait entendre une dernière fois dans une descente des cordes accompagnant Marie mourante après avoir reçu le coup de couteau :

© With kind permission by UNIVERSAL EDITION A.G., Wien

Wozzeck

Sunday, November 23rd, 2008

Le motif de Wozzeck : Ce motif n’est pas d’une très grande importance dans cet opéra. Il apparaît le plus souvent pour signifer une entrée ou une sortie du personnage, mais n’est pas exploité dramatiquement. C’est surtout le mitif du Mahleur qui est attaché au personnage de Wozzeck. Ce motif est, le plus souvent, joué dans un tempo rapide. Il est constitué de 6 notes, tournant sur elles-mêmes et se terminant par un descente de neuvième mineure.

À la mesure 426 au premier acte, il souligne l’entrée abrutpe de Wozzeck chez Marie, alors perdue dans ses rêveries :

À la fin de cet épisode, lorsque Wozzeck part aussi rapidement qu’il était arrivé, le même groupe d’instruments (clarinettes et bassons) jouent furtivement ce motif, mais renversé :

On le retrouve également dans la Passacaille (mesure 523 et suivantes) lorsque Wozzeck parle de sa “nature” :

À la fin du dernier acte, lors du dernier interlude symphonique (mesure 342 et suivantes), il est l’objet d’un petit traitement motivique par constitution progressive et accelerations des valeurs rythmiques :

Obsession ou idée fixe

Saturday, November 22nd, 2008

motif de l’obsession ou de l’idée fixe : On le trouve plus particulièrement attaché au personnage du Docteur, mais il peut aussi apparaître dans d’autres contextes. Il est caractérisé par une note pivot à partir de laquelle des intervalles montants se construisent en agrandissement.

C’est donc dans la Passacaille du premier acte que ce motif sera le plus présent. Il caractérise l’obsession du Docteur à élaborer sa “fumeuse” théorie qui devrait le rendre immortel dans le panthéon des sciences. Il est très audible lors de la 14ème varation de cette Passacaille, lorsque le docteur effectue un premier diagnostique sur l'”abbération mentale, partiale, de seconde espèce” dont souffrirait Wozzeck :

Dans l’exemples qui suit, il est successivement joué aux hautbois, puis repris par les violons :

Cependant on le trouve également dans la bouche de Wozzeck en deux endroits qui se répondent symétriquement. Le premier, toujours dans la Passacaille, lorsque Wozzeck dit que l’argent qu’il gagne est géré par sa femme. Le motif est chanté (doublé par un violoncelle) puis joué, en décallage, par 3 trompettes :

Le second intervient lorsqu’il accomplit cet acte de donner l’argent à Marie, lors de la première scène du second acte. Il s’agit ici d’une obsession, mais négative et résignée. Les intervalles, au lieu de s’agrandir et de tendre vers une emphase, se rétrécissent et se referment sur eux-mêmes. Mais on trouve toujours ce retour sur une note de base à partir de laquelle les mouvements mélodiques se déploient :

Frayeur

Saturday, November 22nd, 2008

motif de la frayeur : Apparaît dans plusieurs scènes de l’opéra, mais il est surtout présent lors de la Rhapsodie de la deuxième scène du premier acte. Ce motif est attaché exclusivement au personnage de Wozzeck. La frayeur est celle qui résulte des halucinations dont il est l’objet. Ce motif consiste en une descente chromatique et rapide de 4 sons.

Il apparaît d’abord sous la forme d’une brève cellule jouée par les hautbois au début de ma scène de la campagne :

Puis est distribué successivement dans plusieurs groupes d’orchestre en cascades descendantes :

Enfin, il est martelé de façon assourdissante par 4 timbales :

© With kind permission by UNIVERSAL EDITION A.G., Wien

Science

Saturday, November 22nd, 2008

motif de la science : Un des principaux motifs qui parcourre la Passacaille. Est attaché exclusivement au personnage du Docteur. Il est constitué de 4 notes descendantes par tons entiers.

Il intervient surtout à la fin de la Passacaille lorsque le Docteur vante sa “théorie”. Le motif est chanté en valeurs longues et joué en canons par des pizzicati de cordes :

motif x

Saturday, November 22nd, 2008

motif x : Les trois derniers sons du thème de la Passacaille : [+3 + 6]


Ce motif, comme les thèmes de la sonate, n’intervient que lors de cette Passacaille mais joue un rôle déterminant dans la structure de cette scène. Il ne s’agit pas d’un leitmotiv, mais bien d’un motif purement musical n’ayant pas de signification proprement dramatique.