CHOPIN PAR KRSTIAN ZIMMERMAN

Fantaisie opus 49 (1ère moitié)

Les lourés du début… la mélodie avec ses notes écourtées dans la résonnance qui se répercutent sur les accords deux fois répétés de la cadence (3’00”) : comment dire et ne pas dire la même chose. La savante architecture sonore qui dose les progressions musicales… rien de forcé, rien d’extérieur, aucun affect : seule l’impérieux contrôle sur le son et les poids sonores répartis dans le temps…

Fantaisie opus 49 (2ème moitié)

Le fil tendu au-délà des aléas de l’improvisation… la rigueur incolore d’un choral prostestant (1’25”)… Après la marche schumanienn, les sixtes déferlantes (5’22”) préludant au récitatif monodique : une voix seule qui ne veut pas s’éteindre…

Barcarolle opus 60

Le récitatif errant, si court, si mystérieux qu’il ne peut aboutir (3’05”)… la profondeur du son polyphonique des voix internes (7’30”)  le refus debussyste de briller dans le perlé du jeu en le cachant dans un voile (8’24”) et le forte final retenu jusqu’au dernier moment.

4ème Ballade (1ère moitié)

Pour moi : une des compositions les plus abouties de Chopin. Quatre notes répétées : une droite qui se courbe sous les poids des sons… jusqu’au paroxysme lorsque les sonorités vrillent librement dans l’air (3’23”)…

4ème Ballade (2ème moitié)

Léger désaccordage sur ce “la”,  au début, qui vibre au 1/3 de ton qui le rapproche du “sib”, lui aussi désaccordé !… les rafales wagnériennes de la main gauche (2’37”) qui iront jusqu’à faire reculer le siège du pianiste sur le dernier de la grande suite d’accords (3’02”)

Ce Chopin-là est extraordinaire… Un des pianistes les plus intelligents dans le sens de la forme alliée à l’expression. Une incroyable variété de couleurs.

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